Mon ami, le diable et leur chérie (1ère partie)

Midi ordinaire dans un collège de Ratoma, dans la banlieue de Conakry. Un soleil ardent  maîtrise  le terrain. Comme tous les jours, du lundi au vendredi, c’est la deuxième et la dernière récréation du jour. Les élèves sont éparpillés en petits groupes dans la cour de l’établissement. Les  fréquentations se font selon les degrés des relations amicales qui  lient les élèves. La récréation est l’occasion pour les élèves de retrouver leurs amis des autres classes. Et une fois les retrouvailles, on cause, discute et parfois se moque… Rien n’est tabou. Ici, l’amitié prime sur le reste.

Une amie à Abdourahmane (un camarade à nous) lui rend visite. Cette amie n’avait pas à l’époque ses 18 ans, pourtant elle a, au bout de quelques regards pleins d’amour et d’espoir, attiré mon ami SAD (identité modifiée). Sa beauté n’est pas comparable à celle de la miss du monde, moins la miss d’Afrique, pourtant ce n’est pas Dominique Strauss-Kahn qui refuserait ses avances. Évidemment, il n’ y a pas une beauté parfaite. Mon ami a déjà accepté les éventuelles erreurs qu’elle pourrait commettre.  Il est amoureux de mademoiselle Barry! D’ailleurs, il ne tardera pas à afficher son intention. « Qui est cette fille? », demande-t-il à Abdourahmane. Ce dernier lui répond : « Ben. C’est une amie! Que veux-tu? », demande-t-il.  SAD déclare : « Cette fille que j’ai vue, je veux qu’elle soit celle qui me donne le sourire à chaque fois que je la regarde… Celle qui viendra me dire à haute et à basse voix, en privé et en public « Je t’aime ». Abdourahmane surpris, lui pose :  « Tu l’aimes vraiment? »   »Oui, je l’aime à vie… Je ne blague pas. Je suis au sérieux, je l’aime sans modération », insiste-t-il avec une voix douce. Abdourahmane jure alors qu’elle sera de retour dans moins de deux minutes. « Ok, restez là. Dans moins de deux minutes, elle sera à tes côtés. C’est à toi de la convaincre ».

Nous sommes en mois de mars. La période la plus ensoleillée de l’année dans la zone tropicale. Mais ce n’est pas la chaleur dégagée qui l’a empêché d’aller la (re)chercher au milieu de ses amies. Elle est persuadée que ce n’est pas par hasard que Abdourahmane  vient  chez  elle  en ce  moment  vu qu’elle s’était déjà vue avec lui juste après les coups de  cloche. Elle est son amie de longue date, mais elle a pourtant refusé  de revenir. Son langage est franc : « Si quelqu’un veut me voir, il peut venir lui-même. Je l’attends. Il n’  y a pas une montagne entre lui et moi », lui a-t-elle fait savoir. Celui qui, en allant, nous avait assuré que dans moins de deux minutes la jolie sera à nos côtés revient avec des bras vides. La récréation est maintenant terminée. Avant de retourner en classe, Abdourahmane promet à nouveau que tout sera réglé avant qu’elle quitte l’établissement à 14 heures.

Mon ami SAD et moi sommes sortis à 13 heures. Abdourahmane, notre manager, et la jolie continuent leurs cours. Aux environs de 15 heures, il lui envoie un court sms dont le contenu est d’une importance capitale dans lequel figure le number (numéro de téléphone) de la jolie ‘princesse’. Mon ami peut enfin l’appeler pour tenter sa chance. Le téléphone sonne mais personne ne décroche. Une, deux, trois tentatives… elle décroche et lui dit : « Je suis occupée » . « Tu es occupée… Alors quand seras-tu libre pour parler avec moi? », demande  mon ami. « Je ne sais pas », répond-elle. Mon ami a des regards désespérés, son visage est froissé, il est à vrai dire  très déçu. Il me demande : « Est-elle celle qu’il me faut? ». Je n’ai pas de réponse, mais visiblement rien n’est encore sûr à l’heure actuelle. Elle avait dit qu’elle ne sait pas quand elle aura de temps pour parler avec lui. En début de soirée, son téléphone sonne à nouveau. Cette fois-ci, ça commence bien. Mon m’barin engage alors une conversation qu’il qualifie de « capitale », celle de tenter de la convaincre. Il va droit au but : « La raison de mon appel est simple. C’est quand tu étais de passage chez Abdourahmane à l’école que je t’ai vue et du coup je veux que tu sois ma… » Sa réponse ne se fait pas attendre. « Ta…? Malheureusement, j’ai déjà trouvé l’homme de ma vie, celui qui me rend heureuse, donc je suis désolée pour toi ». Une nouvelle fois, c’est la déception totale. Cette déception durera trois jours.
« Après la pluie, c’est le beau temps», dit-on. Elle finit par accepter l’offre qui lui a été faite. Marché conclu, c’est un grand ouf de soulagement pour mon pote. C’est le début d’une histoire d’amour qui va  durer deux ans. Deux années caractérisées par du vrai amour, mais également par toutes formes de menaces venant d’une part de la maman de la fille et d’autre part d’un être invisible, le « Djinnaarou » (le diable).

Des semaines sont passées depuis leur première rencontre. Ce jour-là, il était presque 18 heures. Le soleil s’apprêtait à se coucher. Et mon ami était un tout peu inquiet, parce que sa « princesse » se plaignait de maux de tête. Apprendre que sa chérie souffre de maux de tête ne rassure aucun  jeune guinéen, coureur de jupons.

En effet à Conakry, tellement que les filles sont belles même les diables sont des prétendants. Mais le hic est que les aiment ne les aiment pas. Peut-être à cause de leur cruauté. Mon ami réalise alors qu’il doit se serrer la ceinture, car les ennemis s’annoncent nombreux plus que prévu. Si le diable estime qu’il était avec elle avant lui c’est son affaire. Ce n’est pas un putain de diable qui brisera cet amour qui ne cesse de croître.
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Par cireass
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cireass
Je suis Guinéen de nationalité et citoyen du monde. Je suis passionné de lecture, d'écriture et de NTIC. Welcome everybody !

9 réflexions au sujet de « Mon ami, le diable et leur chérie (1ère partie) »

  1. Ah ah Thierno, Maux de tête, c’est à fuir hein. Beau billet, mon frère. Dommage que je n’ai pu lire un peu plutôt. Mais, j’attends la suite; comme Aphtal l’a dit.

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