Guinée – Internet: la gourmandise de Facebook…

Crédit photo : Google Images

 

Nous sommes dans un cybercafé de la haute banlieue de Conakry. Il est 18 heures. Le soleil s’apprête à se coucher. Une dizaine d’ordinateurs permettent de se connecter à internet. Le nombre d’ordinateurs est largement inférieur au nombre de clients pendant les heures de pointe, notamment le soir. Chacun attend son tour comme chez le coiffeur sur une longue liste. En effet, beaucoup sont ces internautes de la ville qui viennent à ce moment-là pour consulter leurs boites mails, faire des recherches sur des thèmes d’exposés, ou encore discuter avec leurs amis sur les réseaux sociaux ; Facebook en général.

En Guinée, ce réseau social connait une progression importante. Près d’un internaute sur deux (1/2) avait un compte sur Facebook. En 2011, sur les 95.000 internautes que comptait le pays, 42.000 étaient sur le site au bleu-blanc. Aujourd’hui, il est certain que ces chiffres ont doublé, parce que, bien que les frais liés à l’accès à la connexion soient élevés, des nombreuses personnes se connectent à partir de leurs mobiles (smartphones ou téléphones classiques). Numériquement, la Guinée est l’un des pays les plus enclavés de l’Afrique. Ici, se connecter à internet est un luxe à cause non seulement des coûts de la connexion qui sont très onéreux,  mais aussi de la mauvaise qualité des services ; tous ces problèmes réunis dans une ville où l’électricité est servie en rotation entre les différents quartiers. A Conakry en saison sèche, les foyers n’ont de l’électricité qu’environs 6 heures par jour. Dans ce cas, être geek (passionné par les nouvelles technologies) n’est pas qu’un simple plaisir. Mais, on se débrouille  malgré tout !

En effet, de Conakry (la capitale guinéenne) en passent par les villes de l’intérieur, notamment Labé où j’étais il y a quelques semaines, les jeunes se passionnent de Facebook. Les raisons qui expliquent cette passion sont diverses. Pour les uns, comme l’indique le slogan du réseau social, Facebook leur permet de rester en contact et d’échanger avec les personnes qui les entourent. Cet ‘’entourage’’  dont ils parlent peut aller de fois jusqu’à New York, Paris, Londres, Bruxelles ou Luanda. « Moi et mon ami qui s’est installé à New York depuis peu nous nous donnons rendez-vous sur Facebook trois fois dans la semaine pour chatter (discuter instantanément). Nous arrivons à garder le contact comme si la distance qui nous sépare n’est pas longue »,  explique Mohamed. D’autres par contre sont là pour faire des nouveaux amis. « Je me connecte sur Facebook pour chercher des nouvelles rencontres. J’aime beaucoup les correspondances… Voilà pourquoi tant que j’ai des crédits dans mon téléphones je continue à surfer », fait savoir Ramatoulaye.

Si les garçons en disant « cybercafé » ils pansent entre autres au football, aux sites d’informations, à Facebook…, les filles, elles, pensent tout simplement à Facebook.

Parfois, l’envie d’être connecté à tout moment peut avoir des conséquences négatives sur la formation de certains élèves et étudiants. Dans les salles de classes, d’aucuns abandonnent les cours au profit du réseau social.

En ce qui est des menaces liées à l’utilisation de l’internet, c’est-à-dire les réseaux criminels qui sévissent sur la toile, seul un petit nombre d’entre eux sont au courant de ce phénomène.

Quelques chiffres à retenir…

Selon les dernières statistiques , sur une population estimée à 11 millions d’habitants, on ne comptait que 95 000 internautes dont 42 000 inscrits sur Facebook ; soit un taux de pénétration de 0,9%. A lui seul, il monopolise le secteur. Une dizaine de comptes Twitter sont actifs depuis Conakry.

Pour se connecter sur mobile classique via le réseau GPRS (General Packet Radio Service), il faut débourser au minimum 5 000 Francs guinéens pour bénéficier d’une heure de connexion, le double pour une connexion 3G et 400 000 Francs pour un forfait illimité. Mais aucune de ces connexions n’est cependant en mesure de satisfaire les besoins de la clientèle. Toutes ces sommes sont jetées pour une connexion qui a un  débit  variant entre 128 et 500 kb/s. Ces difficultés font qu’ici on ne se hasarde pas de prendre des vidéos pour les diffuser sur internet, Youtube n’a pas tellement d’importance, le livestreaming n’a pas sa place et nous ne sommes pas pour le moment concernés par les lois punissant le téléchargement illégal sur internet.

Notre seul espoir dans ce domaine repose sur le projet ACE (Africa Coast to Europe) qui devra relier le Maroc aux côtes de l’Afrique subsaharienne. Mais malheureusement, je ne sais pas à l’heure actuelle quand ce  projet qui devrait apporter le vrai haut débit sera  une réalité.

Par cireass 

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cireass
Je suis Guinéen de nationalité et citoyen du monde. Je suis passionné de lecture, d'écriture et de NTIC. Welcome everybody !

3 réflexions au sujet de « Guinée – Internet: la gourmandise de Facebook… »

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