Examens nationaux 2013 : difficile de contenir les cris !

Crédit photo  :  conakryinfos.com

 Mercredi 17 juillet 2013. Le jour se lève sur Conakry, l’information que des milliers d’élèves, candidats aux différents examens nationaux session 2013 attendaient depuis un peu plus d’un mois est tombée. Elle est sur toutes les lèvres. La proclamation des résultats est attendue dans la matinée.

Vers 9 heures. Élèves, parents ou simples curieux se dirigent vers les écoles ayant présenté des candidats à ces examens. Sur place des listes de noms des élèves admis accompagnées, de leurs PV et école d’origine sont affichées juste à côté de la porte d’entrée. Chacun cherche son nom. Ceux qui ont réussi à franchir la dure étape laissent exploser leur joie. Quant aux malheureux, ils ne peuvent contenir leur tristesse. J’y vois des filles pleurer ; leurs copines tentent de les consoler. [Peut-être certains garçons malheureux pleureront   aussi,    mais   pour  eux  ça sera   sans  doute  une  fois  qu’ils   retourneront  dans  leurs  chambres,  loin  des   regards  du  grand  public].

Cette année on constate une  légère amélioration par rapport aux années précédentes. En effet, au CEP connu sous l’examen d’entrée en 7e Année 64,03% de candidats ont obtenu leur admission pour le collège ; au BEPC [brevet d’étude du premier cycle], passage obligé pour entrer  au lycée, ils sont 43,21% à avoir réussi ; et enfin au Baccalauréat Unique on a enregistré 34,69% d’admis, toutes options confondues. La grande surprise de ces résultats est venue de l’option Sciences Sociales, qui était jusqu’ici considérée par les élèves ayant de niveau bas comme un portail sûr pour accéder aux  institutions d’enseignement supérieur a connu le plus faible taux de réussite : 10% d’admis. Selon les commentateurs, les autorités chargées des examens ont diminué le nombre d’admis dans cette option pour encourager les élèves susceptibles de quitter les Sciences Mathématiques ou Sciences Expérimentales au profit des  Sciences  Sociales à s’armer de courage et rester là-bas.  C’est une façon de dire qu’en Sciences Sociales aussi l’échec est possible, comme en Sciences Mathématiques et en Sciences Expérimentales.
Autre chose qu’il faut mentionner qui concerne ces résultats, c’est l’écart qu’on y trouve entre les différentes écoles. Certaines enregistrent de taux variant entre 85 et 100%, pendant que d’autres peinent à réunir 25% de réussite. C’est en région que les taux de réussite sont plus médiocres.

Cette année, le Baccalauréat a été endeuillé par le suicide d’un élève qui venait d’apprendre son échec après quatre tentatives sans succès. Cette triste nouvelle m’a profondément ému.  C’est pourquoi je n’ai pas tardé à partager l’info sur mon compte Facebook, et la page de mon blog. J’ai été ému pour les raisons ci-après : 1) Je trouve le jeune homme très courageux pour les
études, parce que courir 4 années de suite derrière un diplôme dans la même classe, ce ne sont pas tous les élèves qui peuvent le faire.  2) Je comprends la honte qu’il a ressentie ; lorsque des proches acceptent de te soutenir afin que tu puisses étudier et qu’en fin d’année ceux-ci apprennent qu’ils ont jeté leur argent par la fenêtre, l’intéressé aura du mal à se faire comprendre. 3) On sait jusqu’où étudier en Guinée est compliqué par le fait que l’insoutenable EDG [électricité de Guinée] ne ménage aucun effort pour nous distribuer équitablement l’obscurité généralisée. Dans ces conditions, les candidats se dirigent vers les rares endroits éclairés de la ville en vue d’apprendre leurs leçons, qui sont situés à plusieurs KM pour d’autres. Parcourir ces longues distances, offrir son sang aux moustiques, défier les hors-la-loi… tous ces sacrifices vous les faites car vous voulez réussir, et le jour de la proclamation de résultats vous apprenez que votre travail a été vain, je crois que ça fait très mal.

Le nombre d’admis au compte de l’année 2013 montre-il que les niveaux des élèves ont progressé ? 

cireass

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cireass
Je suis Guinéen de nationalité et citoyen du monde. Je suis passionné de lecture, d'écriture et de NTIC. Welcome everybody !

8 réflexions au sujet de « Examens nationaux 2013 : difficile de contenir les cris ! »

  1. Que le taux de réussite se progresse continuellement. Pour le cas du suicide, je trouve que c’est une lâcheté face à la vie. Car comme dirait l’autre, » Mil fois sur le métier, remettez-vous à l‘oeuvre. En tout cas, paix à son âme.

    1. Amine Jérôme. Sur le cas du suicide, j’ai oublié de le mentionner dans l’article, à ma place je ne prendrais pas une telle option parce que rien n’est comparable à la vie d’une personne. Cependant, il était passionné par les études.

  2. J’ai beaucoup aimé te lire. Cette tentative d’analyse est fort intéressante ! J’ai aussi été touchée par la tragédie du suicide, tout ça donne matière à réflexion.

  3. J’ai une telle mauvaise opinion du niveau des étudiants guinéens que lorsque je trouve quelqu’un qui écrit bien comme toi Manga Diallo, je ne peux cacher mon admiration. J’ai lu des écrits de jeunes sortis des universités guinéennes qui ne maitrisent même pas la ponctuation:D.

    Quant au sujet dont vous traitez dans votre billet, on ne répétera jamais que le diplôme vaut pour ce que l’on en fait. Il y a des gens pleins de diplômes, mais incapables de joindre les deux bouts. Mais si vous avez une vision claire de ce que vous voulez faire de votre vie, vous n’aurez pas besoin d’un diplôme pour y arriver. Le monde s’écartera pour vous laisser passer.

    Echouer au bac ce n’est pas la fin du monde. Il faut immédiatement s’orienter vers une formation professionnelle. Le succès et la satisfaction arriveront bien plus vite si vous maitrisez un métier que si vous possédez un diplôme.

    1. Merci pour votre acclamation.
      Vous savez, en Guinée on a habitué aux gens de faire tout (y compris par la corruption ou des faveurs sexuelles) pour décrocher les diplômes faute de quoi toutes les années passées à l’école sont réduites à rien alors que comme vous l’avez bien dit il y a des étudiants dans nos universités qui ne connaissent absolument pas grand-chose. Je me souviens au lycée, un de mes professeurs de Géographique venait avec un étudiant en classe de 4e année à l’époque qui voulait faire son stage mais croyez-moi il ne savais même pas faire la différence entre ‘Le’ et ‘La’. On s’était moqué de lui à tel point qu’il a fini par lassé du lest. Histoire de dire que le système éducatif guinéen ne se porte pas bien.

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